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Un premier mystère sans importance surgit déjà. En effet, ces neuf valeureux " chevaliers du Christ " (leur nom d’origine) se confinèrent dans un relatif secret pendant neuf ans au sein d’une annexe du Temple de Jérusalem que leur avait donnée le roi Baudouin II ( leur nom devint " les chevaliers de la milice du Temple " ou plus nettement … les TEMPLIERS). Que firent-ils pendant tout ce temps ? Nul ne le sait.
Selon les suppositions les plus logiques, il s’adonnaient à la prière et à la vie contemplative de moines sous la Règle de saint Augustin. Après tout, que fait un moine en son monastère (à part de la bière et du fromage…), eh bien, il prie ! Ceci étant, comme ils vivaient dans le cœur du Lieu saint, certains historiens affirment, comme s’ils avaient été là, que les neufs fondateurs entreprenaient des recherches de type archéologique et qu’ils auraient découvert des " vérités interdites " (comme par exemple l’absence du Christ dans son tombeau, sans rire ?) Peut-être reconnaissaient-ils le terrain ? (quartiers chauds, boites de nuits…) De toutes façons, leur solitude fut quand même interrompue par la visite du comte Hugues de Champagne en 1126 qui se joignit à eux et offrit tous ses biens au Temple.
Les chevaliers, quant à eux, (issus de la noblesse séculière) posséderont trois chevaux : le destrier pour les combats, le palefroi pour les voyages et le cheval de bât. Symboliquement, ils étaient si pauvres qu’ils ne disposaient que d’un seul cheval pour deux (le sceau du Temple représente d’ailleurs deux cavaliers sur un seul cheval). Ceci exprime la solidarité entre les frères TEMPLIERS (voir pages suivantes) qui mangeaient (copieusement) à deux dans la même gamelle. Le vin leur était autorisé…(ouf !).
L’épopée des Templiers est en route pour deux siècles.
Comme ils ne dépendaient d’aucune autorité séculière
(sauf du Pape et encore…), les TEMPLIERS ne se privaient pas
de manifester leur indépendance. Quand le roi venait réclamer
leur appui avant la bataille, le Grand Maître (ou le Commandeur
du lieu) acceptait, à la condition toutefois, que les chevaliers
au blanc manteau conduisent la charge et puissent diriger la manœuvre.
Bien obligé, le monarque acceptait en étouffant sa rancœur.
Certains chroniqueurs de l’époque, ne voulaient pas comprendre
que les TEMPLIERS agissaient avec autant de bravoure que d’intelligence.
Ils les accusaient de toujours monter en première ligne pour
s’emparer de la plus belle part du butin. Pourtant, depuis les premières
victoires éclatantes des armées féodales, l’eau
avait coulé sous les ponts. Les Turcs, loin d’être des
imbéciles, avaient étudié la trop simpliste stratégie
militaire des Francs. Le coup de la charge de cavalerie avait fait son
temps. En outre, l’infanterie musulmane évitait, autant que possible,
d’engager le combat avec les puissants piétons chrétiens
contre lesquels ils n’avaient aucune chance. La technique du harcèlement,
la parfaite connaissance du terrain, l’adaptation au climat et les traquenards
permettaient à l’Islam de reprendre du poil de la bête.
Les Infidèles craignaient surtout les moines-soldats, aussi
redoutables dans la guérilla que dans les batailles rangées,
eux qui éventaient les pièges et venaient à
bout de trois guerriers en même temps (le " 3 "
étant leur chiffre " magique ")(*). D’ailleurs,
lorsque des Chrétiens étaient capturés, la plupart
étaient échangés contre une rançon ou vendus
comme esclave, tandis que les valeureux TEMPLIERS, étaient
systématiquement égorgés ou décapités. Quelques péripéties
Le défilé des monts Cadmus Sous la conduite du roi de France Louis VII, les Croisés s’engagèrent dans le défilé des monts Cadmus (surnommé la " montagne exécrable). Discipline militaire et féodalité ne faisant pas bon ménage, le vassal chargé de partir en reconnaissance, n’en fit qu’à sa tête. Plutôt que d’attendre le gros de la troupe, il installa son avant-garde de l’autre côté du versant de la montagne. En séparant les forces franques, il offrait ainsi un somptueux cadeau aux Turcs qui ne se firent pas prier. Les traits fusaient sur l’armée chrétienne encerclée. Les Cavaliers étaient désarçonnés, tandis que chevaux et fantassins s’enfuyaient dans tous les sens. Cette expédition allait se conclure dans la plus profonde confusion, sans Everard des Barres, le Maître du Temple de Paris (futur Grand Maître), qui réorganisa et rassura les troupes franques en débandade. Mais plutôt que de foncer tête baissée dans un autre piège, comme l’aurait fait un quelconque seigneur franc, une partie des chevaliers au blanc manteau en réalisant un mouvement tournant, enveloppa les assaillants, tandis que les autres rassemblaient tous les chevaux et encadraient l’arrière-garde. Sauvé in extremis par le courage et le sang froid des TEMPLIERS, dont il devint un ardent partisan, le roi Louis VII remit le commandement de son armée à Everard des Barres à qui il emprunta ensuite une forte somme d’argent. Par ce prêt, la croisade fut sauvée une seconde fois.
Ascalon
Mis en appétit par ces victoires, le roi décida de passer à l’attaque. Ascalon était une imposante ville adossée à la mer et défendue par cent cinquante tours disposées sur une double enceinte. Jardins et vergers prospères entouraient la cité, dont la vocation demeurait surtout militaire. Les habitants étaient tous familiarisés au maniement des armes.
A l’issue d’un siège sanglant, une partie de la muraille s’écroula enfin. Alors, tous les Croisés s’élancèrent vers la brèche dans la plus grande pagaille. Cependant, les TEMPLIERS, fidèles à la tradition, se trouvaient en première ligne et constatèrent que la garnison, plutôt que de fuir, s’était convenablement ressaisie. L’armée chrétienne allait inévitablement se faire massacrer. Les quarante chevaliers au blanc manteau bloquèrent l’élan désordonné des chrétiens et repoussèrent les Ascalonites le temps nécessaire au regroupement des Croisés. L’armée du roi fut sauvée, mais les quarante héros commandés par leur Grand Maître, Bernard de Trémelay périrent tous au combat. Leurs dépouilles furent suspendues aux remparts, afin d’impressionner les Croisés.
Complètement découragés par la mort des moines-soldats, malgré l’arrivée d’importants renforts, les assiégeants s’apprêtaient à lever le siège. Ignorant l’état d’esprit de leurs ennemis, les assiégés désespérés de ne recevoir aucun secours, capitulèrent. Ils reçurent toutefois les honneurs de la guerre, le 19 août 1153. En
hommage à leur sublime bravoure, Guillaume de Tyr, chroniqueur
et riche prince d’Eglise, affreusement jaloux de leur puissance et de
leur vaillance, trempa sa plume dans du venin pour
calomnier ces héros au cœur pur. Il prétendait que
les chevaliers au blanc manteau avaient agi par appât du
gain en voulant être les premiers à s’emparer du butin.
Il omettait bien entendu de préciser que les TEMPLIERS, ayant
fait vœu de pauvreté, ne pouvaient disposer d’aucune fortune
personnelle et que la plupart des Grands Maîtres mourraient au
combat. Involontairement, il décrit d’ailleurs lui-même
la manière désordonnée et imprudente des Croisés
qui allaient s’engouffrer dans la ville et explique le rôle salvateur
du sacrifice des TEMPLIERS. Ceux-ci commençaient déjà
à déranger…
Richard Cœur de Lion Mauvais roi, piètre stratège, guerrier au cœur de lion et négociateur au caractère de cochon, Richard d’Angleterre, se fit beaucoup d’ennemis…dans les deux camps.
S’alliant avec le roi de France, Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion personnifiait le panache de cette 3ème croisade. L’heure était grave, car après Jérusalem, beaucoup d’autres villes avaient été reprises par les musulmans. Forte
d’une armée de plus de cent mille hommes, dont les femmes avaient
été exclues (même les ribaudes(*) par Richard, cette
sainte expédition prenait la même tournure, en plus puissante
encore, que la première croisade. Les victoires chrétiennes
se multipliaient à un rythme soutenu. La " contre-croisade "
tant espérée par Saladin battait de l’aile, toutes ses
armées se faisant décimer les unes après les autres.
Lui-même commençait à douter de l’Islam et fustigeait
les siens, dont la foi semblait bien fragile à côté
de celle des Croisés. Ceux-ci reprenaient d’ailleurs possession
de toutes les places fortes perdues. L’une des plus prestigieuses à
se rendre aux chrétiens fut sans conteste
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